La valeur d’une civilisation
ne se mesure qu’au degré de respect qu’elle porte à la vie.
Non pas à la vie d’une
caste, d’une classe, d’un peuple, d’une ethnie, d’une espèce, mais à
toute vie lorsque celle-ci est sensibilité et conscience du principe
essentiel du « plaisir – déplaisir ».
Le degré de civilisation de
cette société plonge dans les abysses si l’on en juge par le traitement
qu’elle réserve aux animaux.
Pour ceux qui dirigent,
manipulent l’opinion, font les lois et règlements, diffusent
l’information formatée, les animaux sont des choses, des marchandises,
des parasites et au mieux des décors bucoliques aussi longtemps qu’ils
veulent bien jouer les utilités touristiques.
Les phobies collectives à
l’encontre d’agents infectieux révèlent ce mépris du vivant qui
caractérisent les maîtres à ne pas penser.
Des vaches sont-elles
aphteuses ? elles doivent être massivement « abattues » et brûlées dans
d’horribles bûchers quasi-médiévaux.
D’autres sont-elles frappées
d’encéphalopathie ? Des troupeaux entiers doivent être exterminés, au
nom d’un hygiénisme infondé scientifiquement.
Présentement, des oiseaux
souffrent-ils d’une peste aviaire, qui est loin d’être la première de
l’histoire :
Les visiteurs ailés
deviennent de dangereux messagers de la mort et les malheureuses
volailles d’élevage sont confinées, sans le moindre respect de leur
élémentaire bien-être.
Comment, oserait-on se
soucier du confort de ces volatiles ?
Pour nos arrogants, les
animaux ne sont que des objets, des produits et l’unique souci réside
dans les milliards d’Euros prétendument perdus par le « secteur »
économique du poulet et de la dinde.
Quant aux oiseaux du ciel,
vecteurs de la fatale grippe qui a terrassé 93 personnes, dans le monde
entier, il convient de s’en méfier, de ne plus les nourrir, de ne pas
les approcher, de les fuir (comme la peste) et donc, au besoin de les
massacrer, d’anéantir leurs nids.
L’idiotie le dispute à la
cruauté, car les périls sont vains.
Une pandémie menaçant la
population humaine ne pourrait résulter que d’une recombinaison virale
envisageable que dans les régions planétaires où cohabitent en totale
promiscuité oiseaux d’élevage et mammifères (porcs et humains, par
exemple).
Les hirondelles, les
cigognes, les grues et les anatidés ne propageront pas une nouvelle
« grippe Espagnole », sans cette recombinaison virale que les peurs
suscitées ne préviendront nullement, puisqu’elle se réalisera sans
doute un jour, en Extrême-Orient aux conditions d’élevage
particulièrement concentrationnaires.
Mais les gouvernants
gesticulent, adoptent des mesures quasi-militaires dès que meurt un
canard infecté, suscitant ainsi la peur dans le public grégaire.
Ces gouvernants se
mobilisent pour une filiaire, appellent à manger du poulet, sans un mot
de compassion et de vérité pour nos oiseaux.
Nous, qui ne sommes pas
comme eux, invitons à accueillir les oiseaux, à les nourrir, à les
protéger, ainsi que leurs nids et ne tremblons pas devant des chimères.
Les transports, le tabac,
l’alcool, les pesticides tueront longtemps bien davantage que la
« grippe aviaire », épouvantail pour têtes de linottes.
Bref, ceux qui gouvernent,
manipulent, désinforment sont ridicules et bien petits dans leur degré
de civilisation puisqu’ils souffrent d’un grave syndrome de mépris du
vivant.
Gérard
CHAROLLOIS
Président de la CONVENTION
VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE.