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CVN, Grippe aviaire : la nausée

 

Le 27 février 2006
 

La valeur d’une civilisation ne se mesure qu’au degré de respect qu’elle porte à la vie.

Non pas à la vie d’une caste, d’une classe, d’un peuple, d’une ethnie, d’une espèce, mais à toute vie lorsque celle-ci est sensibilité et conscience du principe essentiel du « plaisir – déplaisir ».

 

Le degré de civilisation de cette société plonge dans les abysses si l’on en juge par le traitement qu’elle réserve aux animaux.

Pour ceux qui dirigent, manipulent l’opinion,  font les lois et  règlements, diffusent l’information formatée, les animaux sont des choses,  des marchandises, des parasites et au mieux des décors bucoliques aussi longtemps qu’ils veulent bien  jouer les utilités touristiques.

 

Les phobies collectives à l’encontre d’agents infectieux révèlent ce mépris  du vivant qui caractérisent les maîtres à ne pas penser.

Des vaches sont-elles aphteuses ? elles doivent être massivement « abattues » et brûlées dans d’horribles bûchers quasi-médiévaux.

D’autres sont-elles frappées d’encéphalopathie ? Des troupeaux entiers doivent être exterminés, au nom d’un hygiénisme infondé scientifiquement.

 

Présentement, des oiseaux souffrent-ils d’une peste aviaire, qui est loin d’être la première de l’histoire :

Les visiteurs ailés deviennent de dangereux messagers de la mort et les malheureuses volailles d’élevage sont confinées, sans le moindre respect de leur élémentaire bien-être.

Comment, oserait-on se soucier du confort de ces volatiles ?

 

Pour nos arrogants, les animaux ne sont que des objets, des produits et l’unique souci réside dans les milliards d’Euros prétendument  perdus par le « secteur » économique du poulet et de la dinde.

 

Quant aux oiseaux du ciel, vecteurs de la fatale grippe qui a terrassé 93  personnes, dans le monde entier, il convient de s’en méfier, de ne plus les nourrir, de ne pas les approcher, de les fuir (comme la peste) et donc, au besoin de les massacrer, d’anéantir leurs nids.

L’idiotie le dispute à la cruauté, car les périls sont vains.

 

Une pandémie menaçant la population humaine  ne pourrait résulter que d’une recombinaison virale envisageable que dans les régions planétaires où cohabitent en totale promiscuité oiseaux d’élevage et mammifères (porcs et humains, par exemple).

 

Les hirondelles, les cigognes, les  grues et les anatidés  ne propageront pas une nouvelle « grippe Espagnole », sans cette recombinaison virale que les peurs suscitées ne préviendront nullement, puisqu’elle se réalisera sans doute  un jour,  en Extrême-Orient aux conditions d’élevage particulièrement concentrationnaires.

 

Mais les gouvernants gesticulent, adoptent des mesures quasi-militaires dès que meurt un canard infecté,  suscitant ainsi la peur dans le public  grégaire.

 

Ces gouvernants  se mobilisent  pour une filiaire, appellent à manger du poulet, sans un mot de compassion et de vérité pour nos oiseaux.

 

Nous, qui ne sommes pas comme eux, invitons à accueillir les oiseaux, à les nourrir, à les protéger, ainsi que leurs nids et ne tremblons pas devant des chimères.

Les transports, le tabac, l’alcool, les pesticides tueront longtemps bien davantage que la « grippe aviaire », épouvantail pour têtes de linottes.

 

Bref, ceux qui gouvernent, manipulent, désinforment sont ridicules et bien petits dans leur degré de civilisation puisqu’ils  souffrent d’un grave syndrome de mépris du vivant.

 

              Gérard   CHAROLLOIS

Président de la CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE.