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Réforme du statut de l'animal :
M. Perben s'arrête en chemin

 

Avec la publication mardi 10 mai par M. Perben du rapport sur la réforme du statut de l'animal, le GRAAL - coordinateur du collectif d'associations CVA qui demande entre autres la réforme du statut de l'animal - salue une avancée en faveur de la protection des animaux. Nous regrettons toutefois que le ministre ait privilégié la solution a minima proposée par Suzanne Antoine en choisissant de qualifier les animaux de "biens protégés, êtres vivants et sensibles" et non de les doter d'un statut juridique propre.

On aurait pu penser que le gouvernement profiterait de ce rapport pour effectuer un véritable travail de rénovation en profondeur. Or "biens protégés" certes "vivants et sensibles" mais "biens" tout de même, ne change pas le fait que les animaux sont toujours prisonniers d'un système commercial, objets d'expérimentation et de divertissements puisque M. Perben, dans ses récentes déclarations et malgré la proposition de loi de Muriel Marland-Militello - députée de la majorité - visant à interdire les sévices "tolérés" par la loi en particulier les corridas, ne prévoit notamment pas de changement concernant les courses de taureaux, ni dans les dispositions propres au monde agricole.

Il faudra pourtant bien un jour s'interroger honnêtement et sérieusement sur les contradictions insupportables que ces demi mesures introduisent dans la législation. Est-il cohérent de déclarer que les animaux sont des "êtres vivants et sensibles" tout en permettant qu'ils subissent des actes de maltraitances et de cruauté tels qu'infligés lors des corridas, des combats de coqs, des chasses à courre, en expérimentation, dans les élevages pour le foie gras, dans les cirques etc ?

La réforme annoncée par M. Perben n'est pour le GRAAL qu'une ouverture très timide. Nous attendons au contraire du gouvernement et du Parlement non plus des paroles mais un geste concret, fort et courageux, avec la mise en place d'une réelle harmonisation de la législation sur la protection des animaux, en supprimant définitivement les diverses exceptions, et en donnant la priorité à l'essentiel sur toute autre considération d'ordre mercantile : le respect des droits fondamentaux des animaux au bien-être et à la dignité.

C'est pourquoi nous souhaitons fermement qu'avant qu'une loi revoit le statut de l'animal, M. Perben s'emploie à retenir - sans exception aucune - la première proposition du rapport, à savoir un statut juridique particulier pour l'animal qui exclut définitivement tout sévice pour les animaux et qui intronise un droit élémentaire pour eux : celui de ne pas souffrir.

C'est à cette condition seule qu'une harmonisation de nos pratiques envers les êtres dits inférieurs sera possible et qu'un pas réel et humaniste sera fait dans le grand combat moral du XXIeme siècle : la défense des animaux.