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Le 29 mai, les Français devront se prononcer sur le Traité établissant
une Constitution pour l'Europe |
Le GRAAL
s'étonne que les questions concernant l'environnement et la protection des
animaux ne soient pas évoquées sur le fond par les acteurs discutant autour de
ce Traité,
demande que le débat s'ouvre sur ces questions importantes,
et lance
une pétition européenne pour le développement et la préservation du bien-être
des animaux dans la Constitution.
Alors que
l'Union Européenne a longtemps été le premier appui des défenseurs des animaux
et de la nature en instituant des protocoles, lois et décrets allant dans le
sens d'une meilleure - bien qu'imparfaite - prise en compte du bien-être animal
et de la reconnaissance de sa sensibilité, voilà que depuis quelques années par
quelques tours de passe-passe très adroits l'UE est devenue une Chambre
d'enregistrement des lobbies exploiteurs des animaux et de la nature. Lobbies
agricoles et agro-alimentaires, pharmaceutiques, lobbies de la fourrure, mafia
tauromachique, lobbies religieux, de la chasse réclamant tous des dérogations,
des aménagements et remettant en question les directives européennes votées par
leurs eurodéputés et transposées - bien que tardivement - par leurs responsables
politiques nationaux.
C'est ainsi
que l'on trouvait déjà dans le Protocole sur la protection et le bien être des
animaux du Traité d’Amsterdam : "Lorsqu'ils formulent et mettent en œuvre la
politique communautaire dans les domaines de l'agriculture, des transports, du
marché intérieur et de la recherche, la Communauté et les États membres tiennent
pleinement compte des exigences du bien-être des animaux,
tout en respectant les dispositions
législatives ou administratives et les usages des États membres en matière
notamment de rites religieux, de traditions culturelles et de patrimoines
régionaux."
Cette
disposition est scandaleusement reprise dans la partie III du Traité, avec
l'article III-121 du titre I définissant les dispositions d'application
générale.
Alors qu'on
aurait pu s'attendre à ce que le Traité s'engage sur une voie moderniste et
courageuse en interdisant justement ces "précautions" religieuses et
traditionnelles qui sont autant de protections pour la tauromachie, les combats
de coqs, la chasse à courre, les chasses traditionnelles, l'abattage rituel
sans insensibilisation, le texte qui va
instituer une Constitution pour l'Europe retourne 40 ans en arrière
en remettant en cause la reconnaissance de la notion d'animal "être sensible"
(Code pénal français 1976) et en proclamant que des cas spécifiques peuvent
faire l'objet de dérogations à la loi.
Ainsi, lorsque
que l'on se reporte aux domaines cités dans l'article III-121, notamment pour l'agriculture
(le mot "animal" n'est même pas
mentionné, les
législateurs ont préféré "produits") , les transports, la
recherche, on s'aperçoit que
les recommandations sur les exigences du bien-être des animaux n'y sont pas
reprises.
L'article III-121 ne serait-il donc qu'une déclaration d'intention sans suite ?
On n'ose y penser.
Par ailleurs,
toujours dans la partie III, titre III chapitre V section 3 sur la Culture,
l'article III-280 stipule "L’Union
contribue à l’épanouissement des cultures des États membres dans le respect de
leur diversité nationale et régionale (...)."
Le GRAAL
rappelle que certains aspects des
cultures et des patrimoines culturels d’États
membres de l’Union
comportent des actes de
contrainte, de violence et de cruauté
sur les animaux, en violation avec les exigences du bien-être
des animaux
comme la
corrida, les combats de coqs ou la chasse élevés au rang d'art.
Les articles
relatifs à la libre concurrence permettront également d'intensifier les élevages
déjà ultra productivistes où les animaux ne sont plus que des machines à viande,
à oeufs et à lait.
D'autre part
la concurrence des marchés asiatiques ne fera que
renforcer les élevages d'animaux pour
leur fourrure en Europe.
Par
conséquent, en l'état,
et
conformément aux termes des articles I-45, I-46 et I-47 partie I, chapitre III,
titre VI du projet de Traité qui prévoient notamment que des citoyens de
l’Union, au nombre d’un million au moins et ressortissants d’un nombre
significatif d’États membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la
Commission à soumettre une proposition appropriée,
le GRAAL - à travers le CVA
(Comité de Vigilance et d'action pour le bien-être Animal) et ses associations
membres - lance une pétition européenne
pour le développement et la préservation du bien-être animal dans la
Constitution européenne, portant sur la modification de l'article III-121
(Dispositions d'application générale), et l'article III-280 (Culture) de la
partie III.
Enfin,
citant le Mahatma Gandhi "La
grandeur d'une nation se mesure à la manière dont elle traite les animaux",
le GRAAL rappelle au Gouvernement français que la population française n'est pas
composée que de chasseurs et d'agriculteurs.
Lorsque 37 % de Français déclarent voter pour un homme politique suivant les
mesures qu'il prend en faveur des animaux (sondage avril 2002), il serait sans
doute nécessaire pour nos gouvernants, et ceux qui aspirent à le devenir,
d'élargir leur champ d'intérêts ... |