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LETTRE
OUVERTE AUX CANDIDATS A LA DIRECTION DE L'UMP
Octobre 2004
2d tour
Madame, Monsieur,
Nous nous permettons de vous
écrire, dans le cadre de l'élection à la présidence de l'UMP, à laquelle vous
êtes candidat(e).
Le Comité de Vigilance et
d'action pour le bien-être Animal (C.V.A.) est un collectif d'une trentaine
d'associations de défense de la nature et de l'animal créé en 2000, sur le
constat de la chosification croissante de l'animal dans la société (parmi de
multiples exemples : l'explosion du nombre d'abandons d'animaux de compagnie,
auxquels les refuges dans leur ensemble n'arrivent plus à faire face et qui sont
la conséquence de la multitude d'animaleries et d'élevages, la " vache folle "
et les bûchers scandaleux en 2001, depuis quelques mois l'épidémie de grippe
aviaire ou des dizaines de millions d'animaux sont exécutés dans des conditions
les plus effroyables et l'indifférence générale, les pesticides et ingrédients
chimiques divers dont l'utilisation, malgré le passage des tests sur animaux,
représentent de réels dangers pour les humains …).
L'objectif du C.V.A. est de stopper ce processus et de faire respecter leur
droit au bien-être aux niveaux :
" la réorganisation des services compétents dans une seule structure compétente
et opérationnelle
" la refonte et l'harmonisation du statut juridique de l'animal, qui est à la
fois " être sensible " dans le Code Pénal et " bien meuble " dans le Code Civil,
par la suppression de cette dernière notion
" L'inscription dans la Constitution française et dans la future Constitution
européenne du devoir élémentaire pour l'homme de respecter les animaux et leur
droit fondamental à ne pas souffrir et à vivre selon leurs besoins biologiques
(pour rappel, l'Allemagne a inscrit en 2001 dans sa Constitution le devoir de
protection des animaux).
Si le titre "secrétariat d'état"
est l'intitulé initial de cette demande, c'est avant tout afin d'identifier
auprès du public le besoin d'une structure à part entière dédiée à la gestion
des secteurs concernés. Mais il s'agit avant tout de la mise en place d'une
instance décisionnaire et centralisatrice de toutes les compétences intéressant
la gestion de l'animal en France. La gestion actuelle de ce domaine, répartie
entre les ministères de l'Agriculture, la Culture, l'Éducation nationale,
l'Environnement, la Recherche, la Santé … entretient en effet un immobilisme
préjudiciable à la condition animale.
Dans le cadre de sa réflexion et
de son travail, le C.V.A. a établi un cahier de revendications/propositions, qui
répertorie les dysfonctionnements existants et propose des alternatives. Une
pétition nationale a également été lancée. A ce jour, des dizaines de milliers
de Français, en la signant, ont ainsi exprimé leur attente.
Iils expriment également leur
intérêt pour la cause animale dans les sondages :
- un sondage C.S.A. effectué pour la S.P.A. et publié en juin 2001, fait
apparaître que 45 % des Français pensent qu'il est nécessaire de créer un
secrétariat d'état à la protection animale, alors que le débat public est
inexistant sur le sujet ! Comme le notait Alain Cayrol, directeur de l'institut
C.S.A. aux premières Assises de la Protection animale en juin 2001, "ceci prouve
l'importance de ce thème pour une grande partie de la population".
- un sondage B.V.A. pour 30 Millions d'Amis publié en avril 2002, où l'on voit
que 37 % des Français déterminent leur vote électoral en fonction de l'action
des candidats en faveur des animaux
- un sondage IPSOS/association One Voice de février 2003 montre que 64 % des
Français sont défavorables à l'expérimentation animale, pour 84 % toute
expérimentation engendrant la souffrance d'un animal devrait même être
interdite.
- enfin selon un sondage SOFRES/Fondation Weber (Suisse) effectué au niveau
international en octobre 2003, 73 % des Français sont opposés à la corrida.
Lors des élections
présidentielles et législatives de 2002, une
lettre ouverte et un
questionnaire adressés aux
candidats ont permis au C.V.A. de rencontrer les candidats et leurs
représentants. Au terme de ces entretiens, si la nécessité de réformes a été
reconnue, les diverses propositions de cette époque doivent être approfondies.
Les élections régionales et européennes de cette année ont été également
l'occasion de rappeler aux candidats l'urgence de la situation.
Or, par un effet inversement
proportionnel à l'intérêt des Francais, l'action des gouvernements successifs et
des pouvoirs publics dans leur ensemble va à l'encontre de toute amélioration de
fond. Et nous constatons chez nos concitoyens un fort sentiment d'abandon,
d'exaspération, de frustration et d'incompréhension, face à un pouvoir qui
demeure sourd à leurs aspirations légitimes.
Nous tirons donc la sonnette
d'alarme. Refuser plus longtemps d'intégrer la cause animale et les thèmes qui
lui sont associés dans le débat démocratique reviendrait à passer à côté d'un
réel enjeu électoral, en déniant les fortes préoccupations des Français. Il est
temps que les acteurs politiques cessent de privilégier des intérêts
corporatistes et immédiats, et restaurent la confiance perdue des électeurs.
Saluons cependant une initiative courageuse, celle de la députée Mme
Marland-Militello, qui a déposé une proposition de loi " visant à interdire tous
les sévices graves envers les animaux domestiques ou apprivoisés, ou tenus en
captivité, susceptibles d'être exercée lorsqu'une tradition locale ininterrompue
peut être invoquée ". Il serait à l'honneur du Parlement que cette démarche
puisse se concrétiser rapidement.
En conséquence, le C.V.A., par
cette lettre et le questionnaire joint, souhaite connaître vos engagements de
candidat(e) à la direction de l'UMP concernant la défense animale, engagements
que nous tenons désormais à voir inscrits dans le programme de ce parti, au même
titre que les autres propositions.
Pour mémoire, la France compte plus de 54 millions d'animaux domestiques dont 16
millions d'animaux de compagnie, 53 % des familles possèdent au moins un animal
familier et chaque année, elles dépensent pour eux plus de 4,5 milliards
d'euros.)
Les associations du C.V.A. ne
manqueront pas de tenir leurs adhérents et sympathisants informés des réponses
reçues, ainsi que des entrevues avec les candidats.
Dans un souci de transparence et
de l'information que nous devons à nos adhérents et sympathisants, nous vous
saurons gré de bien vouloir ne pas laisser nos interrogations sans réponse.
Vous remerciant par avance de
votre attention aux questions de fond présentées, nous vous prions d'agréer,
Madame, Monsieur, l'expression de notre considération.
Pour le C.V.A.
la coordination, association G.R.A.A.L. |