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Les défenseurs des animaux entrent dans l'arène électorale
PARIS,
25 mars (AFP) - Les militants de la cause animale entendent peser sur la
campagne, alors qu'un recours est adressé à Jacques Chirac pour qu'il gracie une
chienne rottweiler condamnée à être piquée.
La sous-préfecture de Sarrebourg
a jugé mercredi qu'il fallait euthanasier cette chienne molossoïde, nommée Kaya,
trouvée divaguant dans la rue. Depuis, une avocate assure avoir reçu des
dizaines de demandes d'adoption et en appelle au candidat-président pour une
"grâce".
Selon la SPA, la France possède,
avec 7,8 millions de chiens et 8,2 millions de chats, la plus forte densité
d'animaux en Europe.
"Les chasseurs sont unis, le
lobby agricole est uni, mais les amis des animaux sont bien plus nombreux
qu'eux", assure Muriel Arnal, présidente de l'association "One voice" et
responsable d'un collectif qui a envoyé un questionnaire aux prétendants à l'Elysée.
Plusieurs centaines de
manifestants de petites associations (450 selon la police), ont interpellé
samedi à Paris les candidats. Leur champ de revendications, qu'ils peinent à
rassembler en une seule plate-forme, est vaste: abolition de la vivisection et
de la corrida, réforme de l'élevage
intensif et de l'abattage rituel, interdiction de vente et d'importation de la
fourrure, protection des espèces, etc.
"Pour la première fois des
associations s'unissent en perspective d'élections. Et c'est important de
montrer que des gens vont voter en fonction de la condition animale", a expliqué
à l'AFP Mme Arnal.
Autre témoignage de cette volonté
d'unité, la demande d'une trentaine d'associations de création d'un secrétariat
d'Etat à la condition animale.
Selon Christophe Barbero, un des
responsables de ce collectif, des personnalités telles que Robert Hossein, le
philosophe Jacques Derrida, le photographe Yann Arthus-Bertrand, les écrivains
Daniel Picouly, Yves Berger et Cavanna soutiennent cette initiative. Mais aucun
des candidats contactés n'a pris d'engagement ferme en ce sens.
Reste que, selon un responsable
d'association, "même si la cause (animale) est la même, il y a des oppositions
entre les gens au sein du vaste monde associatif". Les principaux organismes,
telles que la SPA, la Fondation Brigitte Bardot ou la Fondation 30 millions
d'amis n'ont pas manifesté samedi.
La SPA a aussi demandé aux
candidats qu'ils se positionnent. "Sept candidats ont répondu : Chirac, Jospin,
Chevènement, Madelin, Mamère, Hue et Lepage. Ils ont admirablement manié la
langue de bois", a déclaré à l'AFP Michel Meyer, un administrateur de la SPA.
Les candidats se sont aussi
empressés de répondre à la Fondation Brigitte Bardot, a indiqué Stéphanie Roche,
porte-parole de l'association. Le candidat du Mouvement écologiste indépendant (MEI),
Antoine Waechter, présent samedi dans le défilé, rappelle que, "contrairement à
Noël Mamère (candidat des Verts), qui n'est pas un vrai écologiste", il
"condamne les corridas". Parmi les candidats qui ont répondu à la SPA, selon M.
Meyer, "la candidate qui fait les déclarations les plus pro-animales est Corinne
Lepage, car elle seule dit qu'il faut alourdir les peines en cas de mauvais
traitement".
Il précise que Lionel Jospin
renvoie à une récente charte élaborée par le ministère de l'agriculture, tandis
que "Jacques Chirac s'en tient à des déclarations de principe et Noël Mamère
garde le silence absolu sur les questions qui fâchent".
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