|
Profession de foi
Face aux dysfonctionnements et aux carences à agir constatées chaque jour dans la gestion et le contrôle des activités liées à l'animal en France, l'opinion publique exprime, de plus en plus ouvertement, ses doutes, ses réserves et bien souvent sa franche opposition au sort réservé aux animaux dans notre pays.
En effet, la France est encore loin de défendre le bien être animal et se contente bien souvent de gérer les crises a posteriori quand elle n'ignore pas purement et simplement la souffrance animale engendrée par ses activités de divertissements, économiques, industrielles ou scientifiques.
Les domaines d'interrogation, d'opposition et de révolte sont nombreux et méritent d'être intégrés au débat public, afin que des solutions et des alternatives puissent être trouvées dans la voie du respect du bien-être des animaux.
Les associations membres du C.V.A., apolitiques et indépendantes, ont exprimé le souhait de travailler ensemble afin d'exprimer d'une seule voix les revendications énumérées ci-après et présentées par thème d'analyse.
Ce livre blanc contient de nombreuses questions relatives à l'éthique à observer envers les animaux. Un sondage réalisé il y a quelques années révélait que ces sujets préoccupent plus de 8 Français sur 10.
Parmi les objectifs majeurs du C.V.A. figurent la création d'une instance spécifique à la condition animale en France et la création d'un statut juridique spécifique à l'animal.
Les quelques interrogations ci-dessous prouvent à l'évidence que les services de l'État engageraient leur responsabilité à ne pas agir rapidement et avec détermination face à de tels dysfonctionnements touchant à la fois au bien être animal et à la santé publique.
Jusqu'à quand supporter les abattages massifs d'animaux en l'absence de politiques préventives (vache folle, grippe aviaire …) ?
Jusqu'à quand tolérer les pratiques traditionnelles de violence faite à l'animal (corrida, chasse …)
Jusqu'à quand accepter un Code Pénal qui condamne certains actes de cruauté et en tolère d'autres (corridas et combats de coqs).
Jusqu'à quand admettre le productivisme outrancier de notre modèle économique et les dérives qui mettent en danger notre santé et méprisent le bien être animal (expérimentation animale, élevages intensifs hors sol, conditions de transports et d'abattage des animaux de ferme, …).
Jusqu'à quand encourager le commerce autour de l'animal générant surpopulation, accroissement de la maltraitance, trafics en tous genres ?
Jusqu'à quand bafouer les directives européennes (chasse …) ?
Jusqu'à quand refuser une réforme véritable du statut juridique de l'animal (à l'instar d'autres pays européens) le Code Pénal le reconnaissant "être sensible" alors pour le Code Civil il est toujours "bien meuble", le privant ainsi de toute possibilité réelle de prise en considération ?
Jusqu'à quand occulter les trafics de chiens et chats en France, estimés notamment en 2001 à 100 000 chiots (source : ANTAC) ?
Jusqu'à quand tolérer des méthodes de pêche destructrices de la biodiversité pouvant entraîner à court terme la disparition de nombreux stocks de poissons, de cétacés et autres animaux marins ?
Le C.V.A. demande au gouvernement et aux pouvoirs publics de mettre en œuvre au plus vite :
- la réorganisation des services en charge de l'animal en France dans une seule structure compétente et opérationnelle, avec la création d'un ministère.
- l'application réelle et entière des lois existantes pour la protection des animaux, et leur amélioration
- la réforme du statut juridique de l'animal ("être sensible" pour le Code Pénal, "bien meuble" pour le Code Civil)
- l'inscription dans la Constitution française et dans la Constitution européenne du devoir élémentaire pour l'homme de respecter les animaux et leur droit fondamental à ne pas souffrir et à vivre selon leurs besoins biologiques (cf. l'Allemagne, qui a inscrit en 2002 dans sa Constitution le devoir de protection des animaux).
Le C.V.A. demande que la défense des animaux et de la nature fasse partie des priorités des élus locaux, nationaux, européens, chefs et membres de gouvernements, en France et en Europe.
|